Peinture au Pistolet tout savoir !!!

L'objectif de cet article est de vous présenter la technique à appliquer lors de  peintures réalisées au pistolet

1. Avant propos sur la peinture au pistolet

Que ce soit pour des raisons d’économie, (quoique) d’autonomie (souvent) mais aussi de la fierté d’un travail accompli de ces propres
mains, qui n’a pas rêvé un jour de pouvoir réaliser lui-même la peinture de sa Jeep !?

Mais voilà ! Avant de se lancer, je vous propose un tour d’horizon sur les compresseurs, les pistolets à peinture, les peintures, la préparation
des pièces à peindre et aussi la préparation du local pour peindre.

Je n’ai pas la prétention de tout connaître dans ce domaine, je souhaite juste mettre mon expérience à votre disposition pour
réaliser de belles peintures !

2. Le matériel

2.1. Les compresseurs

Un compresseur est généralement composé d’un “groupe  de compression d’air”, d’un moteur d’entraînement
et d’une cuve. Bien sûr, il y a aussi tous les accessoires indispensables tel que :

o Contacteur manométrique,

o Manomètre,

o Epurateur – Détendeur,

o Clapet anti-retour,

o Soupape de sécurité,

o Robinet de purge.

Il existe plusieurs types de compresseurs :

o Monobloc

Le compresseur monobloc est composé d’un moteur électrique entraînant directement le “groupe de compression d’air”.

La vitesse de rotation du groupe est donc identique à celle du moteur.

o A courroie

Le compresseur à courroie est composé d’un moteur électrique ou thermique entraînant le “groupe de compression d’air”
par l’intermédiaire d’une courroie.

La vitesse de rotation du groupe est fonction du diamètre de la couronne d’entraînement.

Le groupe de compression d’air quand a lui peut être :

o A pistons (mono étagé ou bi étagé)

Le plus souvent mono étagé à 2 pistons en V mais vous pouvez également trouver des systèmes à 1 piston (ancienne
génération) ou 3 pistons.

Le système mono étagé fourni de l’air comprimé en une seule étape de compression.

Le système bi étagé fourni de l’air comprimé en deux étapes de compression. Un premier cylindre fourni de l’air
comprimé à un certain taux, puis le deuxième cylindre récupère l’air comprimé du 1er pour le comprimé à nouveau avant
de l’évacuer dans la cuve. Ce système permet d’obtenir des pressions plus importantes, mais aussi un débit supérieur
aux systèmes mono étagés.

o A vis

Ici, les pistons sont remplacés par un système à 2 vis sans fin qui aspirent et compriment l’air avant de l’évacuer
dans la cuve. Ce système permet d’obtenir des pressions très  importantes.

Il est malgré tout réservé aux industries car très coûteux.

A savoir sur les groupes de compression d’air :

o Choisissez le plutôt à 2 cylindres en “V”,

o Choisissez le plutôt en fonte, (gage de longévité) Evitez ceux en aluminium (ou alors chemisé fonte)

o Choisissez le avec un montage sur roulements à billes,

o Choisissez le plutôt avec “une triple” segmentation des pistons,
(meilleure étanchéité)

o Choisissez le plutôt avec une lubrification par huile, (longévité)  Certains diront que l’huile peut poser problème pour la peinture
mais l’ajout d’un déshuileur règle le problème.

o Choisissez le plutôt avec un système d’aspiration et de refoulement à clapets “double”.

Comment choisir son compresseur ?

Tout d’abord, il faut savoir que notre plus gros handicap à nous,  les particuliers, c’est le réseau électrique qui est en 220 volts !

En 220 volts mono, nous serons limités à des moteurs électriques de 3CV maxi. (À condition d’avoir une bonne ligne électrique
sinon, votre moteur ne démarrera pas) et par conséquent le débit d’air aspiré par le compresseur sera limité.

Donc, pour choisir son compresseur, il faut connaître la consommation maxi de l’outil le plus puissant que vous souhaitez utiliser. Ici, ce sera
votre pistolet à peinture.

En fonction du pistolet utilisé le débit d’air peut aller de 60 à 280 litres/minute. Dans notre exemple, nous prendrons un pistolet
à peinture dont le débit est de 250 litres/minute.

Pour information, voici quelques exemples de consommation pour les outils couramment utilisés :

Type de matériel Consommation en litre/minute
Gonflage des pneus (par ligne ou pistolet
de gonflage).
45
Pistolet souffleur pour nettoyage des
moteurs.
85 à 195
Pistolet à graisse. 28 à 110
Pistolet de sablage. 60

Il nous faut donc un compresseur approchant un débit de 250 litre/minute restitué

Attention : Ne pas confondre le débit aspiré  et le débit restitué. Le plus souvent, c’est le débit aspiré qui figure sur les compresseurs !

Pour obtenir le débit restitué, il faut enlever 30 %. Soit : Débit restitué = Débit aspiré X 0,7

Exemple : Un compresseur dont le débit aspiré est de 20 m3/heure aura un débit restitué de : 20 X 0,7 = 14 m3/heure

A savoir : 1 m3 = 1000 Litres

Dans notre exemple, pour obtenir le débit en litre/minute :

14 m3 = 14000 litres

1 heure = 60 minutes

Donc, 14000 l / 60 mn = 233,33 litre/minute

Dans la gamme des compresseurs 220 volts monophasé, la puissance du moteur électrique entraînant le groupe de compression d’air
ne pourra pas excéder 3 CV. Ce qui équivaut à un débit d’air aspiré de 23 m3 pour les meilleurs compresseurs, soit un débit
restitué de 268,33 litre/minute.

Maintenant, si vous avez la chance d’avoir le 380 volts triphasé, plus de souci ! Vous pouvez choisir un compresseur de 4, voir 5 CV. Une précaution
tout de même, pensez que si vous souhaitez utiliser votre compresseur chez un collègue, celui-ci n’aura pas forcement le 380 volts triphasé.

Pour la cuve, il faut compter 100 litres minimum. Une cuve de 150 litres est un bon compromis. 200 litres c’est le top mais pas plus.

Les Marques :

+ Lacmé,
+ Kremlin,
+ Abac (Devilbiss)
+ Giss,
+ …

En résumé

Compresseur 220 volts monophasé

Moteur électrique : 3 CV

Entraînement : A courroie

Groupe d’air : 2 cylindres en “V” mono étagé,  Bloc fonte avec culasses aluminium

Clapets (aspiration/refoulement) : si possible “double”

Débit aspiré : 23 m3

Débit restitué : 16 m3

Pression : De 8 à 11 Bars

Cuve : 150 litres (bonne moyenne)

Sortie de cuve : 2 régulées + 1 directe

Budget : 400 à plus de 800 euros

Mon choix : Un 23V-200M de marque LACME. Prix ð Environ 700 euros

Attention : évitez les compresseurs de grandes surfaces ! Ils ne sont pas dimensionnés pour un usage intensif.
Ils sont bien pour un usage de base. (Gonflage, soufflette d’air, aérographe) mais pas pour faire de la peinture de carrosserie. De plus, attention au suivi
des pièces détachées.

Bien sûr, vous trouverez du Mecafer avec de bonnes caractéristiques sur le papier mais soyez prudent ! Moi, je préfère investir dans
un matériel fiable et durable.

2.2. Les pistolets à peinture

Un outil indispensable pour la mise en peinture de votre Jeep !

Il existe 2 types de pistolet à peinture : (en fait il y en a d’autres, mais ils sont réservés à un usage industriel)

o A succion  Le godet à peinture se trouve en dessous du pistolet

o A gravité  Le godet se trouve au dessus du pistolet

Ces deux types de pistolet à peinture sont disponibles pour une utilisation en pression “Conventionnelle” ou ” High Volume Low Pressure”
(HVLP)

Comment choisir son pistolet à peinture ?

“Succion” ou “Gravité” ?

Sans trop entrer dans les détails, je vous conseille de choisir un pistolet à peinture “A gravité” pour sa maniabilité par
rapport à un pistolet “A succion”. En terme de qualité  du travail fini, les deux sont similaires mais il y a moins de risque de désamorçage
avec un modèle “A gravité”.

“Conventionnel” ou “High Volume Low Pressure” (HVLP) ?

Pour ma part, je préfère le HVLP qui est plus économique en consommation de peinture et en émission de solvant.

HVLP ne veut pas dire que vous allez consommer moins d’air comprimé mais par contre la pression nécessaire au fonctionnement du pistolet
sera inférieure à un modèle conventionnel.

Pression d’utilisation :

o Modèle “HVLP” 0,7 à 1,5 bars

o Modèle “conventionnel” 2,8 à 3,5 bars

A savoir :

1 Bar = 14,51 Psi

1 Psi = 0,07 Bar

1 CFM (Cubic Feet Minute) = 28,38 litres/minute

Les Marques :

o Devilbiss,

o Kremlin,

o …

En résumé

Pistolet à peinture

Type : Gravité

Godet : Aluminium

Gicleur : 1, 3 ou 1,4 mm

Budget : 100 à plus de 500 euros en fonction du modèle

Mon choix : Un FLG-3 HVLP à gravité de marque DEVILBISS.  Prix au environ 120 euros

Attention : Evitez les pistolets à peinture  de grandes surfaces ! Mauvaise qualité des matériaux, mauvaise qualité des buses (résistance à la corrosion), peu de suivi des pièces détachées. Juste bon pour le bricolage de base.

3. Les peintures

La aussi, il existe plusieurs types de peintures !

Le Primer

Cette peinture permet la passivation du métal. (Traitement du métal) C’est-à-dire un inhibiteur de rouille généralement disponible
en mono composant pour les métaux ferreux et en bi composants pour les métaux non ferreux. Son application se fait en une couche très
mince et elle ne doit pas être poncée.

Elle ne remplace en aucun cas un apprêt ni une couche de protection.

L’apprêt

Cette peinture protège de la corrosion et sert de support à la couche de finition. Son application se fait en une couche mince.

L’enduit

Cette peinture très épaisse permet de masquer les défauts de surface de la tôle et est disponible en mono composant ou en bi composants.

Finition

Cette peinture permet d’obtenir la couche de finition dans la couleur souhaitée. Elle peut être mat, brillante ou satinée.

Ces peintures peuvent être :

Cellulosiques

Cette peinture a une bonne résistance aux agents atmosphériques, un bon pouvoir remplissant et couvrant, est insensible aux hydrocarbures et
résiste bien à l’abrasion.

Synthétiques

Cette peinture a un bon pouvoir couvrant mais surtout une très grande résistance aux agents atmosphériques et aux hydrocarbures.

Acryliques

Cette peinture a des caractéristiques supérieures aux autres peintures. Elles peuvent être thermodurcissables ou thermoplastiques.

Le mélange :

Dans tous les cas, pour les peintures bi composants, (Peinture + Durcisseur) reportez-vous aux indications inscrites sur les pots.

En général, 3 parts de peinture pour 1 part de durcisseur. Ensuite, il faut diluer la peinture de 20 à 40% en fonction des informations de
viscosité fournies avec votre pistolet à peinture et de la buse utilisée. Pour cela, utilisez un viscosimètre. (Instrument mesurant
le temps que prend la peinture pour s’écouler d’un contenant spécial)

Attention : Toujours bien mélanger la peinture avant et après mélange pour obtenir la composition chimique idéale et obtenir un résultat optimal lors de la mise en peinture.

4. Préparation des pièces à peindre

Avant de peindre une pièce, il faut la préparer ! Cette phase est aussi importante, voir plus que la mise en peinture elle-même.

Procédez à un décapage mécanique de la pièce (Brosse métallique, papier abrasif, sablage …) ou bien chimique
pour une mise à nu de la tôle.

Pour une pièce en bon état dont la peinture n’est ni cloquée, ni craquelée, poncé avec du papier à l’eau en utilisant
différents grains (100, puis 200, puis 400 voir 600 ou 800) et obtenir un aspect sans marques ni rayures.

Une fois les pièces préparées, ne plus les toucher avec les mains (mêmes propres)) pour éviter la corrosion. (transpiration,
éléments gras …) Utilisez des gants en toile !

Si vous souhaitez peindre une pièce directement sur votre véhicule, il est indispensable de maroufler soigneusement toutes les zones qui ne doivent
pas être peintes à l’aide de bâches pour les surfaces importantes ou de ruban adhésif pour les surfaces plus petites.

Attention : Toujours bien scotcher les bords de bâches pour éviter que la peinture ou le brouillard de peinture ne passe en dessous.

5. Préparation du local à peinture

La peinture au pistolet permet d’obtenir de très bons résultats mais il est nécessaire de protéger l’endroit où vous
allez peindre pour les raisons suivantes :

o Poussières en suspension dans l’air qui se déposent sur votre pièce.

o Insectes en tout genres qui ne manqueront pas de venir voir votre travail de plus près, jusqu’à si coller.

o Particules de peinture en suspension dans l’air qui se déposent partout (vous risquez de retrouver la machine à laver de maman pigmentée
d’Olive Drap !)

o …

Pour cela, je vous conseille d’utiliser des rouleaux de film plastique pour créer une sorte de cabine de peinture. Posez le film plastique sur
le sol et les murs. Ensuite, avant application des différentes couches de protection et de la couche de finition, humidifiez le sol avec de l’eau
pour limiter la poussière.

Une autre solution consiste à acheter un chapiteau en toile ou une tente que vous pourrez installer dans le jardin en guise de cabine de peinture.

6. La mise en peinture

Maintenant que votre local à peinture est près, que vos pièces sont prêtes, que votre peinture est prête, que vous êtes motivés … Il faut y aller !

o Respectez une température d’environ 18° lors de la mise en peinture.

o Toujours purger votre compresseur avant utilisation d’un pistolet à peinture,

o Réglez la pression de sortie du compresseur en fonction du type de pistolet utilisé.

N’oubliez pas de vous équiper pour l’occasion.  La peinture est un produit toxique ! Et ce n’est pas bon pour les poumons !

o Combinaison ou blouse,

o Gants,

o Masque,

o Capuche pour les cheveux,

o …

Pour un résultat ideal et durable, voici les différentes couches de peinture à appliquer :

o Une couche de Primer,

o Une couche d’apprêt,

o 3 couches de finition.

Bien respecter les temps de séchage entre chaque application.

6.1. Réglage du pistolet à peinture

Avant de peindre vos pièces, il est nécessaire de régler votre pistolet à peinture.

Pour obtenir un jet normal vertical, placer les oreilles du chapeau horizontalement.
(Fig. 1 – (a))

Régler le débit de peinture en tournant la molette inférieure.
(Fig. 1 – (e))
(Réduction du débit : sens des aiguilles  d’une montre. Augmentation : sens inverse). Trop de débit peut entraîner
des coulures de peinture.

Pression d’air au pistolet : en fonction du type de pistolet. (l’usage d’un manomètre est recommandé)

Régler la pression en manoeuvrant le manomètre tout en appuyant légèrement sur la gâchette du pistolet. Si vous ne pouvez
obtenir une pression élevée avec votre matériel, il faut réduire le débit peinture.

Comment tenir le pistolet ?

Pour peindre, le pistolet doit être tenu perpendiculairement à la surface à peindre et à une distance comprise entre 15 et 25
cm de celle-ci.

La bonne méthode !

La course du pistolet se fait d’un mouvement souple et libre du bras tout en maintenant celui-ci parallèle à la surface à peindre.
(pas de course en arc de cercle !)

Les débuts et fin de course du pistolet doivent être moins “chargées”.Commencez la course avant d’actionner la gâchette et relâchez
celle-ci juste avant la fin de la course.

Pourquoi ? Pour avoir une épaisseur uniforme de peinture sur toute la surface de la pièce.

La vitesse de déplacement du pistolet dépend du type de peinture utilisé.

Les zones anguleuses !

Pour peindre un angle, positionnez le pistolet de coté et à 3 ou 5 cm de l’angle. Ensuite peignez les deux cotés simultanément.

Pourquoi ? Pour éviter les perte de peinture et la surcharge d’un coté.

7. Le nettoyage et le graissage

Le travail est fini ? Non pas encore ! Le nettoyage et le graissage de votre pistolet sont des phases très importantes si vous souhaitez garder un
appareil en bon état et réaliser des peintures de bonne qualité.

7.1. Nettoyage

Pour nettoyer un pistolet à peinture, il ne suffit pas de le tremper dans du diluant ! Il faut le purger puis nettoyer soigneusement les pièces
principales.

o Enlever le godet du pistolet.

o Fermer les trous d’air du chapeau avec les doigts ou un chiffon et tirer la gâchette. De cette façon l’air est dérivé vers
la buse de peinture et chasse celle ci vers un récipient.

o Vider la peinture du godet, le nettoyer et y verser une petite quantité de diluant que l’on vaporise au pistolet dans les conditions normales. Ceci
a permis de nettoyer les passages ou conduits de peinture.

o Enlever ensuite le chapeau pour nettoyer l’extérieur de la buse avec du diluant. Le chapeau sera nettoyé par immersion dans du diluant.

o Après nettoyage, remontez le chapeau d’air sur le pistolet.

7.2. Graissage

Pour éviter la corrosion des différentes parties du pistolet à peinture, il est important de graisser les pièces suivantes :

o L’étoupe d’aiguille,

o La tige de soupape d’air,

o L’axe de la gâchette,

o Le ressort d’aiguille.

Utilisez de l’huile de vaseline.

8. Fin

J’espère que ce petit topo vous sera utile lors de la rénovation de votre Jeep, Dodge ou Gmc, j’essayerai de compléter et de mettre
à jour ce document de façon régulière.

Des questions ? N’hésitez pas à me laisser un message et je vous répondrai (dans la limite de mes connaissances en la matière
bien sûr)

Amicalement, Article réalisé par Yellow-Corner pour septembre 2006

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